C’est le grand ménage à Béjaïa,A l’assaut des cabarets…

C’est le grand ménage à Béjaïa,A l’assaut des cabarets…

Une opération coup-de-poing visant une boîte de nuit s’est soldée par l’arrestation de douze jeunes filles. Ces dernières, sans-papiers, sont originaires d’autres wilayas et ont versé dans la prostitution en raison de difficultés sociales et financières.

Les services de sécurité combinés entre gendarmes et policiers ont effectué mardi une opération coup-de-poing dans les boîtes de nuit de la wilaya de Béjaïa. Une descente qui a ciblé plusieurs hôtels, stations balnéaires et autres discothèques, et qui s’est soldée par l’interpellation de plusieurs jeunes filles. A l’hôtel Syphax, l’opération a abouti à l’arrestation de douze jeunes filles. Ces dernières, sans-papiers, sont originaires d’autres wilayas et ont versé dans la prostitution en raison de difficultés sociales et financières.

Ranya, par exemple, originaire de la wilaya de Sidi Bel-Abbès, se prostitue depuis plusieurs années. D’autres viennent d’Oran, Djelfa, Mostaganem et Blida. La prostitution est leur gagne-pain, faute d’avoir fait des études ou trouver un autre boulot. Agées entre 24 et 35 ans, ces jeunes filles ont parcouru le pays à la recherche de boîtes de nuit pour gagner le plus d’argent et tenter de s’assurer un avenir moins difficile. Pour Ranya, c’est la première fois qu’elle fréquenter ces lieux. «Je ne sais plus quoi faire, c’est mon seul gagne-pain. J’ai tout perdu, ma famille, ma dignité. Je n’ai plus rien à perdre à exercer ce métier», explique-t-elle. A Béjaïa, plus de dix discothèques sont situées en ville et des jeunes filles viennent le soir pour tenter de gagner de l’argent en contrepartie de leurs charmes. Mais la mobilisation des services de sécurité combinés, gendarmes et policiers, a réduit l’activité de ces lieux. Depuis le début de l’année, six descentes dans ces lieux de débauche ont été menées par les deux corps de sécurité.

1 000 gendarmes mobilisés pour sécuriser les estivants

La ville de Béjaïa, avec ses côtes enchanteresses, ses stations balnéaires et une population de près de 800 000 personnes, est devenue la destination la plus prisée des touristes de différentes nationalités. Pour une meilleure couverture sécuritaire de cette région, les services de police et de gendarmerie travaillent en étroite collaboration, afin de permettre aux estivants et à la population locale de passer un agréable été agréable.

Pour concrétiser ce plan spécialement conçu pour la saison estivale, la Gendarmerie nationale a mobilisé près de 1 000 gendarmes, et près de 500 policiers ont été appelés pour couvrir cette belle ville côtière du pays. Une sortie avec les éléments de la Gendarmerie nationale dans cette ville de la petite Kabylie nous a permis d’en savoir plus sur ce plan spécial «vacances». La GN a mis en place son plan «Delphine», et la police, son «Plan Azur». Mardi dernier, notre petite tournée a pris le départ du siège du groupement de la GN de Béjaïa où les éléments de la SSI sont déjà mobilisés pour une longue journée. Leur mission est de contrôler tous les axes de la ville, y compris les plages et les édifices touristiques qui connaissent une grande affluence d’estivants, venus de plusieurs wilayas du pays. Les plages d’El Mghra, de Tichy et de Capritour, sont hautement sécurisées par la mobilisation de prés de trente éléments par plage. La présence de ces éléments rassurent les estivants et leur permet de profiter de la mer jusqu’à des heures tardives, d’autant que des brigades permanentes ont été installées sur ces lieux de détente. Aussi, les plages sont prises d’assaut par des milliers d’estivants venus d’Alger, Aïn Defla, Blida, Mostaganem, Chlef, Tébessa et même du sud du pays.

Boulimat, Cap Carbon, Boukhlifa, Yemma Gouraya, des lieux féeriques

Loin de Tichy, d’autres lieux relevant de la wilaya de Béjaïa sont également pris d’assaut. Il s’agit du Cap Carbon, Boulimat, Yemma Gouraya et Boukhelifa. où les gendarmes veillent de jour comme de nuit pour que les estivants savourent la beauté des lieux. Pour cela, le groupement de la GN de Béjaïa a mobilisé trois sections de SSI de trente gendarmes motards ainsi que d’autres accompagnés de leurs chiens. L’objectif est de traquer les consommateurs de cannabis, empêcher les agressions, mais surtout faire échec à toutes tentatives d’attentats terroristes qui peuvent cibler les plages ou les stations balnéaires de la ville. A la plage Boukhelifa, des dizaines de gendarmes guettent le moindre geste de personnes suspectes, prêts à intervenir en cas de problème. Au total, près de sept points de contrôle sont installés par les gendarmes au niveau des plages. Prenons le cas de la plage Boukhelifa où les gendarmes contrôlent une surface de prés de 7 km de longueur. «Depuis l’entrée en vigueur du plan Delphine, nous n’avons enregistré aucun incident grave, à l’exception de celui qui s’est produit il y a plus de dix jours, lorsque des habitants mécontents de la présence de personnes voulant créer un lieu de débauche ont saccagé quelques véhicules», explique un adjudant-chef de la GN.

Six descentes et 162 personnes interpellées depuis janvier

Les éléments de la police de Béjaïa sont très actifs depuis le début de l’année. Ils ont effectué six descentes et procédé à l’arrestation de 162 personnes. Mobilisés aux quatre coins de la ville, ces éléments de la police judiciaire ont contrôlé plusieurs milliers de personnes avant le début de la saison estivale. Selon le commissaire principal de Béjaïa, la ville est totalement sécurisée. «Béjaïa est parmi les villes les plus sécurisées du pays. En ce qui concerne les chiffres, seules 131 infractions ont été enregistrées en l’espace de cinq mois», affirme-t-il. Une sécurité et une stabilité qui s’affirment avec le temps, mais surtout avec la mobilisation d’un dispositif sécuritaire très important.

S. A.