Colloque international sur Mouloud Feraoun: L’école « coloniale » et les oeuvres de Mouloud Feraoun

Colloque international sur Mouloud Feraoun: L’école « coloniale » et les oeuvres de Mouloud Feraoun

Les participants à la troisième journée du colloque international sur Mouloud Feraoun qui s’est clôturé samedi soir ont débattu du parcours de l’écrivain et ses oeuvres en se basant sur son expérience « d’enseignant » qui lui avait permis d’accéder au monde de l’écriture.

Evoquant le lien entre l’écrivain et l’école « coloniale », les intervenants ont indiqué que Mouloud Feraoun, qui était issu d’un milieu rural et pauvre, avait été influencé par l’école « européenne ».

Ce lien tire ses origines du conflit intérieur de l’écrivain et sa volonté d’apprendre une langue étrangère qui lui permet de sortir de la situation déplorable qui sévissait dans sa région, estiment les participants, soulignant toutefois que les disparités entre les européens et certains chanceux (indigènes) à l’école lui rappelait qu’il était différent.

Le professeur Emanuel Sakriste, de l’université de Toulouse (France), qui a réalisé en 2009 une thèse sur Mouloud Feraoun, a affirmé que l’écrivain a abordé dans ses livres l’identité particulière des populations et les conditions de vie dans son village, indiquant que son roman « Le fils du pauvre » présente un discours sur l’école coloniale qui représentait, pour l’enfant algérien, « un détachement de son identité et sa culture » d’autant que l’enseignement de la langue arabe y était interdit.

Par ailleurs, les participants à ce colloque sont revenus sur l’expérience des centres sociaux-éducatifs (CSE) dirigés par Mouloud Feraoun et cinq de ses compagnons (Ali Hamoutène, Salah Ould Aoudia, Marcel Basset, Robert Eymard et Max Marchand). A ce propos, le conférencier Gilbert Grandguillaume a fait savoir que ces centres, « qui avaient une mission de proximité, étaient destinés aux civils visant à créer une coopération entre les communautés musulmane et européenne ».

Certains intervenants ont, en outre, appelé à intégrer les écrits de Mouloud Feraoun et ceux d’autres écrivains algériens dans les programmes scolaires.

M. Mohamed Sari, de l’université d’Alger, a souligné que les oeuvres de Mouloud Feraoun ont suscité un grand intérêt chez les chercheurs en langue arabe, notamment Amine Zaoui qui a consacré une partie de sa thèse de magistère sur la littérature algérienne francophone à Feraoun.

Il a enfin mis l’accent sur la nécessité de traduire les écrits de Mouloud Feraoun à l’instar du roman intitulé « Les chemins qui montent », relevant un projet de traduction des toutes les oeuvres de Feraoun supervisé par une maison d’édition à Béjaia.