Crise diplomatique : vers une limitation des vols entre l’Algérie et la France ?

Crise diplomatique : vers une limitation des vols entre l’Algérie et la France ?

Alors que Bruno Retailleau menace de sanctionner Air Algérie, Xavier Bertrand plaide, quant à lui, à restreindre les vols entre Alger et Paris. Sur fond de crise diplomatique, deux lignes s’affrontent : la première défend un rapport de force et appelle à la révision des accords de 1968, la seconde, plus modérée, souhaite adoucir les relations bilatérales.

Pour définir les orientations de la France en matière d’immigration, François Bayrou a réuni, mercredi, une partie de son gouvernement pour discuter des tensions diplomatiques croissantes avec Alger. Une dizaine de ministres se sont rassemblés autour du Conseil interministériel du contrôle de l’immigration.

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Xavier Bertrand suggère de restreindre les vols entre Paris et Alger

Ce rendez-vous, initialement annoncé pour fin janvier puis reporté, s’est tenu finalement après l’attaque survenue samedi dernier à Mulhouse. Un incident de plus qui a fait déborder le vase et qui a ravivé les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie.

Après avoir imposé la présentation de laissez-passer consulaires pour le transport des ressortissants expulsés de France, Air Algérie s’est retrouvée dans le viseur du gouvernement français. Pour rappel, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a précédemment menacé de sanctionner le transporteur aérien national.

Mercredi, un nouveau responsable français, notamment Xavier Bertrand, a commenté la crise diplomatique entre l’Algérie et la France. Et pour tenter de faire pression sur le gouvernement algérien, il propose, sur TF1, d’imposer des pénalités sur Air Algérie, voire de « restreindre les vols entre Paris et Alger« .

Jean-Noël Barrot annonce des restrictions d’accès et de circulation en France

Entre un rapport de force et une voie diplomatique, plusieurs pistes divisent les discussions sur la question de l’immigration algérienne. D’ailleurs, Bruno Retailleau appelle à chaque occasion à réviser les accords de 1968 et à priver un certain nombre de personnalités et de diplomates « des facilités » de dont ils bénéficient.

De son côté, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé, mardi soir, la mise en place de mesures de restrictions d’accès et de circulation en France pour certains dirigeants algériens, et ce, sans préciser depuis quand. Par ailleurs, mercredi, il a indiqué qu’il allait proposer de réduire la délivrance de visa pour tous les pays européens, en même temps, pour les États qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.

De son côté, l’Algérie a réagi dans un communiqué du MAE à l’annonce de ces nouvelles restrictions. Les autorités algériennes ont exprimé leur surprise et étonnement et déclarent qu’elles n’ont pas été informées de ces mesures. « Le Gouvernement algérien exprime sa surprise et son étonnement quant à cette annonce dont il n’a été aucunement informé, comme le commandent les dispositions de l’article 8 de l’accord algéro-français en matière d’exemption réciproque de visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques ou de service« , lit-on dans le communiqué du MAE.

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