Crise Algérie – France : Emmanuel Macron veut calmer le jeu

Crise Algérie – France : Emmanuel Macron veut calmer le jeu

Le président français Emmanuel Macron a appelé, ce vendredi, l’Algérie à « réengager un travail de fond » avec la France sur les accords d’immigration liant les deux pays.

Lors d’une conférence de presse à Porto, dans le cadre d’une visite d’État au Portugal, le chef de l’État a également mis en garde contre les « jeux politiques » qui enveniment le débat sur l’immigration, un sujet sensible qui continue de fragiliser les relations franco-algériennes.

« Nous n’avancerons pas s’il n’y a pas un travail. On ne peut pas se parler par voie de presse, c’est ridicule, ça ne marche jamais comme cela », a déclaré Emmanuel Macron, insistant sur la nécessité d’un dialogue constructif entre les deux nations.

Il a également souligné que les « millions de Français nés de parents algériens » ne devraient pas être « pris dans ces débats », appelant à préserver les liens humains et historiques qui unissent les deux pays.

Alger – Paris : Le respect des accords de 1994 au cœur des tensions

Les tensions entre Paris et Alger se sont intensifiées ces derniers mois, notamment après le refus de l’Algérie d’accepter des ressortissants en situation irrégulière renvoyés par la France.

Emmanuel Macron a insisté sur le fait que les accords de 1994, qui prévoient la reprise automatique des ressortissants algériens en situation irrégulière, doivent être « pleinement respectés ». « Rien ne peut prévaloir sur la sécurité de nos compatriotes », a-t-il affirmé, tout en saluant la « coopération qui existe » entre les deux pays sur ce sujet.

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Le président français a par ailleurs tenu à clarifier la position de la France concernant les accords de 1968, qui confèrent un statut particulier aux Algériens pour leur séjour et leur emploi en France.

« On ne va pas les dénoncer de manière unilatérale, ça n’a aucun sens », a-t-il affirmé, mettant ainsi fin aux spéculations qui ont agité le débat public en France ces dernières semaines.

Cette déclaration intervient après que le Premier ministre François Bayrou a évoqué, mercredi, la possibilité d’une « dénonciation » des accords bilatéraux s’ils n’étaient pas réexaminés dans un délai d’« un mois, six semaines ».

Affaire Boualem Sansal

Emmanuel Macron a également exprimé ses préoccupations concernant la « détention arbitraire » en Algérie de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, ainsi que sa « situation de santé ». « Je considère que c’est aussi un des éléments qu’il faut régler (avec Alger) pour que la confiance soit pleinement rétablie » entre les deux pays, a-t-il déclaré.

Les tensions entre la France et l’Algérie ont été alimentées par des échanges virulents entre responsables des deux pays, notamment par le biais des médias. Le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau, en première ligne sur ce dossier, a multiplié les attaques verbales contre Alger, contribuant à une escalade des tensions.

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Emmanuel Macron a appelé à éviter ces « jeux politiques », soulignant l’importance de préserver une relation apaisée et constructive.