Disparition de Omar Aktouf à 80 ans : l’Algérie perd l’un de ses plus grands intellectuels

Disparition de Omar Aktouf à 80 ans : l’Algérie perd l’un de ses plus grands intellectuels

Le monde intellectuel et universitaire est en deuil après l’annonce du décès, hier (2 avril 2025), du Professeur Omar Aktouf, éminent penseur et figure incontournable du management humaniste.

Né en Algérie en 1945 et établi au Québec depuis des décennies, il s’est éteint à l’âge de 80 ans, laissant derrière lui un héritage riche en réflexions critiques sur l’économie néolibérale et en plaidoyers pour un management éthique.

Formé en psychologie industrielle à l’Université d’Alger puis à la Sorbonne, Omar Aktouf a poursuivi ses études au Canada, où il a obtenu un MBA et un doctorat en administration à HEC Montréal.

Avant son exil académique, il a occupé des postes de direction dans des entreprises publiques algériennes, une expérience qui a nourri sa vision critique des systèmes managériaux traditionnels.

🟢 À LIRE AUSSI : Baccalauréat Professionnel en Algérie : Vers une réforme majeure du système éducatif

Professeur titulaire à HEC Montréal, il a marqué des générations d’étudiants et de chercheurs par ses analyses percutantes, tout en collaborant avec des organisations engagées comme ATTAC Québec et en cofondant le Centre humanisme, gestion et mondialisation. Ses travaux ont influencé bien au-delà du Québec, notamment en Amérique latine et dans le monde francophone.

Omar Aktouf : Une carrière académique entre l’Algérie et le Québec

Omar Aktouf était un farouche critique des modèles économiques dominants, dénonçant sans relâche la marchandisation du travail et l’obsession du profit au détriment de l’humain.

Dans ses ouvrages phares, comme La stratégie de l’autruche (2002) ou Management et sciences sociales, il appelait à un renouveau des pratiques managériales, fondées sur la solidarité, la coopération et la responsabilité sociale.

Ses prises de position, souvent provocatrices, en faisaient une voix essentielle dans les débats sur la mondialisation et l’éthique des affaires. Ses conférences et ses interventions médiatiques étaient suivies avec attention, tant pour leur rigueur que pour leur engagement sans compromis.

🟢 À LIRE AUSSI : Assia Djebar célébrée en France : une rue et une médiathèque à son nom

La nouvelle de son décès a provoqué une vague d’hommages à travers le monde, notamment en Algérie et au Québec, où il était considéré comme un pont entre les deux cultures.

En ces moments de deuil, nos pensées accompagnent sa famille, ses amis et tous ceux qui ont été touchés par sa pensée et son engagement.