Hydrocarbures : L’italien ENI reste au gaz algérien

Hydrocarbures : L’italien ENI reste au gaz algérien

Le Groupe italien ENI poursuivra l’achat de gaz algérien en 2017 mais les volumes dépendront du prix, a annoncé jeudi dernier à Londres, son P-DG, Claudio Descalzi, en marge d’une conférence.

La société italienne discute actuellement, comme chaque année, avec la compagnie publique Sonatrach sur les volumes d’achat de gaz, a ajouté M. Descalzi. Ce dernier ne peut s’avancer sur les volumes de 8, 9 ou 10 Bcm (billion cubic meters- milliard de mètres cubes) ou plus. Le contrat à long terme liant le Groupe Sonatrach et son client ENI expirera en 2019. Pour rappel, les prix du gaz algérien pour ce genre de contrat sont indexés sur ceux du pétrole. En principe, la conjoncture est favorable pour augmenter les volumes de gaz puisque les cours du brut sont encore bas.

Pour rappel, l’Italie a augmenté ses importations de gaz à partir de l’Algérie de manière significative en 2016. Les volumes ont été en moyenne de 46 millions de m3 par jour lors des dix premiers mois de l’année, selon les données de Platts Analytics Eclipse Energy. En 2015, ENI avait acheté 19 millions de m3, a rappelé l’Agence spécialisée.

Le 3 décembre 2015, ENI avait exprimé « son intention de sortir des contrats gaziers de long terme conclus avec l’Algérie, la Russie et la Norvège », avait rapporté le quotidien économique français La Tribune, repris par TSA. Selon son P-DG, « ils perdent des millions d’euros, cela n’a plus de sens ». En 2014, ENI espérait un rabais sur les prix du gaz algérien.

En chiffres, selon un document d’ENI, les exportations en gaz vers l’Italie ont grimpé de plus de 87,5% de janvier à fin juin 2016, pour atteindre 6,13 milliards m3, contre 3,27 milliards m3 à la même période de 2015, soit une hausse de 2,86 milliards m3. Les exportations algériennes avaient compensé ainsi le recul des exportations néerlandaises et libyennes estimées respectivement à 1,5 et 1,42 milliard m3, selon le même document. Ainsi, l’Algérie retrouve son statut de deuxième fournisseur en gaz de l’Italie derrière la Russie, après s’être retrouvée l’an dernier au 5e rang derrière la Russie, les Pays-Bas, la Norvège et la Libye, détaille ENI.

Si les exportations du pétrole brut ont baissé de 8% au cours des huit premiers mois de 2016, comparativement à la même période de 2015, celles du gaz ont au contraire été revues à la hausse. Par ailleurs, selon le rapport de Sonatrach, les exportations de gaz par gazoducs ont enregistré une augmentation de 43% et un dépassement de 12% de l’objectif à fin août 2016. Pour reprendre sa place de premier fournisseur en gaz naturel liquéfié en Europe, l’Algérie devra relancer le projet de gazoduc Galsi qui servira l’Union européenne via la Sardaigne.

Le projet de 1 500 kilomètres, dont près de 560 en offshore (en mer) avait initialement été lancé en 2003. Sa capacité de transport devrait être de 8 milliards de m3 de gaz naturel par an. Son entrée en service était programmée pour 2014, mais des retards et des interrogations sur sa rentabilité ont mis ce projet en veille. Le coût des travaux est évalué à plus de 2 milliards d’euros. La joint-venture en charge du projet, lie le Groupe algérien Sonatrach, actionnaire majoritaire avec 41,6% des parts, à des entreprises italiennes dont Edison (20,8%) et ENI (15,6%). Le reste des parts est détenu par la région autonome de Sardaigne (11,6%) et la société italienne Hera Trading (10 ,4%).