Malgré les appréciations des pouvoirs publics de relance des exportations, ce créneau reste au stade de vœu. L’association des exportateurs qui estime que l’Algérie a accusé «beaucoup de retard» dans ce créneau, interpelle l’Etat à «déverrouiller le corset» entravant encore les activités de ceux qui en sont les moteurs. La crise financière et économique qui secoue actuellement le pays contraint le gouvernement à adjoindre, dans les opérations d’exportation, d’autres créneaux au secteur des hydrocarbures. Mais, force est de constater que les paramètres indispensables à son exportation ne sont pas pris en compte par les responsables concernés.
De nombreux produits algériens recèlent une qualité irréprochable qui peut concurrencer les produits étrangers pour peu que les conditions requises dans l’acte d’exporter soient réunies. Malgré les «mesures annoncées», les exportations hors hydrocarbures restent toujours inférieures aux objectifs tracés. Ce qui pousse Ali Bey-Naceri, président de l’association des exportateurs à plaider pour des mesures d’encouragement de la part de l’Etat, auquel il demande de «déverrouiller le corset» entravant encore les activités de ceux qui en sont les moteurs.
Il signale que des entrepreneurs sont en train d’acquérir des marchés à l’international mais que, malheureusement, poursuit-il, «on ne sait pas encore faire». La raison de cette stagnation est expliquée par l’invité de la rédaction de la Chaîne III par la réglementation qui gère les investissements à l’étranger qui bride l’exportateur algérien. Pour y faire face, Ali Bey-Naceri propose à l’Etat de donner les mêmes outils que ceux utilisés ailleurs dans le monde aux exportateurs algériens. Cependant, le président de l’Association des exportateurs dira que sous certains aspects, les choses ont quand même évolué positivement.
Il en veut pour preuve les notables facilitations désormais accordées par les douanes pour aider l’acte d’exporter. Interpeller à commenter à ce propos le contenu du nouveau Code des douanes adopté mardi par le Parlement, l’invité dira que c’est la première fois, «depuis l’indépendance», que l’Algérie pourra avoir une «visibilité précise» sur ses échanges commerciaux et connaître, ainsi, les niveaux de ses importations et exportations.
Par ailleurs, le président de l’association des exportateurs indique que l’augmentation du nombre des exportateurs a contribué à élargir et à diversifier en qualité la gamme des produits exportés. Parmi ces produits, l’orateur cite les équipements électroménagers, des câbleries électriques et des téléphones mobiles, signale le président de l’Association nationale des exportateurs algériens.
Concernant les perspectives de développement des activités d’exportation et le délai de rapatriement des dividendes qu’ils génèrent, lequel a été étendu de 180 à 360 jours, Ali Bey Naceri, l’a qualifié de mesure «excellente», relevant que c’est la première fois que les exportateurs constatent une «réactivité» dans le domaine de la réglementation des changes. L’invité de la rédaction observe aussi que les choses évoluent «dans la bonne voie», en raison, explique-t-il, de la remise en cause de certaines réglementations «obsolètes». Parmi ces réglementations, il cite le contrôle des changes, dont il souhaite la complète refonte, en raison, souligne-t-il, de son aspect «draconien».