Le pétrole algérien sur la corde raide : production en hausse, prix en baisse

Le pétrole algérien sur la corde raide : production en hausse, prix en baisse

Dans une décision inattendue, les membres de l’alliance Opep+ ont annoncé une hausse plus rapide que prévu de leur production pétrolière dès mai 2025. L’Algérie, membre de cette organisation, emboîte le pas et relance à son tour sa production. Une stratégie jugée nécessaire par les producteurs, mais qui suscite de vives inquiétudes sur les marchés, où les prix du brut connaissent déjà une chute brutale.

Réunis jeudi, les ministres de l’Énergie de huit membres clés de l’Opep+ — Arabie saoudite, Russie, Irak, Émirats arabes unis, Koweït, Kazakhstan, Algérie et Oman — ont convenu de regrouper trois augmentations mensuelles prévues en une seule. Résultat : à partir de mai, 411 000 barils supplémentaires par jour seront injectés sur le marché. L’objectif est de répondre à des prévisions de demande plus optimistes, mais l’ampleur de la hausse étonne par sa soudaineté.

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Ce changement de cap intervient dans un climat économique mondial particulièrement tendu, marqué par une reprise incertaine et des tensions commerciales exacerbées. L’Opep+ se veut cependant rassurante : la décision reste flexible et pourra être révisée mensuellement. La prochaine réunion de l’alliance est prévue le 5 mai.

L’Algérie ajuste ses objectifs

Dans ce cadre, l’Algérie prévoit d’augmenter sa production à 919 000 barils par jour dès le mois de mai, contre 914 000 initialement prévus. Une trajectoire haussière progressive est déjà amorcée : de 908 000 b/j en avril, la production grimpera à plus de 934 000 b/j d’ici la fin de l’année. Cette décision s’inscrit dans le plan global de l’Opep+ de réintroduire 2,2 millions de barils par jour sur une période de 18 mois.

Pour l’Algérie, il s’agit à la fois d’une opportunité d’augmenter ses revenus pétroliers et d’un risque face à un marché devenu très volatile. Les autorités suivent de près l’évolution de la situation, conscientes que l’impact de cette stratégie pourrait être autant bénéfique que périlleux.

Chute des prix : l’alerte des marchés

À peine l’annonce faite, les marchés ont réagi avec nervosité. Le Brent de la mer du Nord a chuté de 8,2 % pour atteindre 64,62 dollars le baril, tandis que le WTI américain a perdu 8,8 %, à 61,05 dollars — des niveaux proches de ceux enregistrés au plus fort de la pandémie en décembre 2021.

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Outre la décision de l’Opep+, une autre nouvelle a contribué à cette baisse spectaculaire : la Chine a annoncé des droits de douane de 34 % sur toutes les importations américaines, en réponse à des mesures similaires prises par Donald Trump. Une guerre commerciale de grande ampleur se profile, alimentant les craintes d’un ralentissement économique mondial.

Quel avenir pour les prix du brut ?

Entre stratégies de production ambitieuses et tensions géopolitiques croissantes, les prochaines semaines seront importantes pour le marché pétrolier. L’Algérie, comme les autres producteurs, devra manœuvrer avec prudence pour tirer parti de cette hausse de l’offre sans en subir les conséquences désastreuses. La grande inconnue demeure : cette injection massive de barils sur le marché permettra-t-elle de stabiliser les prix ou provoquera-t-elle un nouveau déséquilibre mondial ?