La Tunisie garde sa place de star, la Turquie déclassée à la troisième position, après Dubaï.
Moins d’un mois pour les fêtes de fin d’année et de coutume beaucoup d’Algériens s’évadent vers des destinations différentes. Si certains choisissent de partir au Sud car ils possèdent les moyens qu’il faut, sachant qu’une semaine au Sud ne coûte pas moins de 60.000 DA pour un voyage organisé, d’autres préfèrent des chemins vers l’étranger. Pour les amoureux de l’Europe et ce sont les plus riches généralement, ça sera l’Espagne, la France ou l’Italie, pour les moins riches ce sera la Turquie et notamment la Tunisie.
Combien coûtera cette évasion? Des agences à des prix abordables pour ceux qui le peuvent à partir de 142.000 DA à 187.000 DA proposent Istanbul, Amman, Marrakech, Le Caire, Dubaï et même Illizi, tout dépend de l’hôtel. Les prix semblent excessifs, un salarié ne peut même pas rêver y aller. Nabil: «Je préfère encore la Tunisie, à 50.000 DA, je peux passer une semaine très à l’aise et faire la fête comme chaque année.» Pour lui «avec une agence tu payes forcément plus, mais en contactant directement un hôtel en Tunisie pour une réservation tu payes moins.»
C’est d’autant plus vrai, puisqu’un voyage pour le Nouvel An, par exemple au Maroc à Casablanca ou Marrakech coûte entre 145.000 DA et 260.000 DA. C’est six fois le salaire d’un employé tel que Mohamed qui a choisi comme chaque année de rester chez lui, «c’est de l’argent jeté, si l’on se fie aux agences de voyage, c’est de la folie, vous vous imaginez 260.000 DA pour quelques jours au Maroc, non merci je suis bien chez moi». Et pourtant, beaucoup se permettent ce luxe, alors que le pays est déclaré en crise. Les gens ont de l’argent à dépenser au moment où beaucoup n’arrivent plus à joindre les deux bouts. Certes, la Tunisie coûte encore moins cher que d’autres destinations, néanmoins cette année beaucoup de ceux qui faisaient ce voyage vont demeurer devant leurs télévisions.
C’est le cas de Brahim, «franchement ce n’est plus possible, les prix sont chers même pour la Tunisie, notamment avec la chute de la valeur du dinar algérien,
désormais il faut un budget et des économies sur une année pour préparer un voyage, ajoutez à ça le carburant! Au lieu d’obliger les gens à aller voir ailleurs, pourquoi ne pas penser à promouvoir notre tourisme, on ne manque de rien pourtant, ce gel a plongé le pays dans une impasse, quant à moi je resterai cette année chez moi quand ce n’est pas possible». Pourtant, des agences confirment que des centaines de personnes ont déjà fait leurs réservations vers différentes destinations, en particulier vers la Turquie devenue un choix prioritaire pour beaucoup d’Algériens, au même titre que la Tunisie qui va certainement garder sa position de star, nous confie un directeur d’agence de voyages.
La plupart des réservations concernent la Tunisie pour plusieurs raisons, dont l’accès terrestre, le confort offert par les professionnels du tourisme tunisien et les prix très abordables qui permettent même à un smicard de rêver d’un réveillon sous d’autres cieux. De plus, les Tunisiens savent très bien répondre aux attentes des Algériens dans la mesure où ces derniers restent leurs meilleurs clients. Un séjour d’une semaine à Djerba, l’île enchanteresse, à partir de 35.000 dinars, d’autres agences proposent des séjours les fêtes du Nouvel An à partir de 30.000 dinars, c’est plus cher que l’année dernière, mais ces prix restent raisonnables par rapport à d’autres destinations.
Donc, on va s’attendre à des chaînes de véhicules sur 3 à 5 km comme l’année précédente. Alors que la Turquie était classée deuxième choix des Algériens, cette année comme l’année dernière l’on apprend que ce pays occupe la troisième position après Dubaï qui a gagné en classement pour être juste derrière la Tunisie. Cette baisse d’intérêt pour la Turquie, s’explique par le fait que ce pays est une destination prisée par le monde entier. Pour les agences de voyages, la demande est de plus en plus importante pour ce pays, malgré que ses autorités posent des conditions peu probables comme le payement d’une caution de 18 millions de centimes comme garantie de leur retour après un séjour. C’est donc l’une des raisons pour lesquelles la Tunisie reste la destination préférée des Algériens.
Ikram GHIOUA