Psychotropes détournés sous ordonnance : militaire, chirurgien et pharmacien inculpés

Psychotropes détournés sous ordonnance : militaire, chirurgien et pharmacien inculpés

La justice algérienne s’apprête à examiner une affaire de trafic de médicaments à effet hallucinogène qui révèle des ramifications surprenantes. Le tribunal de Dar El Beïda ouvrira, le 10 avril prochain, le dossier d’un réseau criminel démantelé à Bab Ezzouar. Impliquant plusieurs individus, dont un militaire et un médecin, accusés d’acquisition et de vente illicite de substances psychotropes.

L’enquête a mis au grand jour un système bien rodé. Des ordonnances médicales falsifiées, un complice au sein du corps médical et des transactions financées à l’aide d’une carte bancaire militaire. De plus, l’affaire a conduit à l’implication d’un pharmacien et d’un chirurgien orthopédiste, accusés d’avoir facilité l’accès à ces substances interdites.

Gendarmerie nationale : une arrestation suite à une filature minutieuse

Tout commence le 11 décembre 2024, lorsque les services de la Gendarmerie nationale reçoivent une information confidentielle signalant le transport suspect de médicaments psychotropes dans un véhicule. Les autorités ont alors entamé une opération de surveillance au niveau du boulevard du 8 mai 1945 à Bab Ezzouar.

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Lorsque le véhicule, une Peugeot 207, est intercepté, les forces de l’ordre procèdent à une fouille approfondie. La perquisition révèle la présence de trois boîtes contenant 90 comprimés de Tramadol dissimulés sous le siège du conducteur, ainsi que trois sacs remplis de médicaments psychotropes accompagnés d’ordonnances médicales. Une fouille plus poussée permet de découvrir un total de 180 comprimés de Prégabaline, un puissant neurodépresseur détourné de son usage thérapeutique.

Trafic de psychotropes à Alger : un chirurgien et un militaire au cœur d’un réseau criminel

Les investigations ont rapidement conduit les autorités vers un médecin spécialisé en chirurgie orthopédique et traumatologique, identifié sous les initiales B.A. Ce dernier est accusé d’avoir délivré des ordonnances fictives permettant aux trafiquants d’obtenir ces substances interdites. En outre, selon les résultats de l’enquête, toutes les ordonnances saisies provenaient du même praticien. De plus, ils ont utilisé les mêmes médicaments le même jour, dans la même pharmacie.

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En plus du médecin, l’enquête a également impliqué le propriétaire de la pharmacie ayant fourni ces médicaments. Deux assistantes médicales du chirurgien ont aussi été interrogées. L’une d’elles, identifiée sous les initiales K.B., est accusée d’avoir détruit des documents compromettants après une première perquisition policière.

Une affaire qui met en lumière le phénomène de trafic des psychotropes en Algérie

En effet, les mis en cause dans cette affaire risquent de lourdes peines. Le procureur a requis des poursuites pour :

  • Détention et transport de substances psychotropes à des fins de revente ;
  • Usage abusif d’ordonnances médicales falsifiées ;
  • Complicité dans la rédaction d’ordonnances frauduleuses ;
  • Entrave au bon déroulement de la justice.

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En résumé, cette affaire met en exergue un phénomène croissant en Algérie. La multiplication des réseaux exploitant les failles du système de prescription médicale pour alimenter un marché noir florissant des psychotropes. En attendant le verdict de la justice, cette affaire soulève une fois de plus la question du contrôle des prescriptions et de la responsabilité des professionnels de santé dans la lutte contre ce fléau.