L’enquête sur d’éventuelles exécutions sommaires dans la région de Kidal est toujours en cours. Sur les 67 allégations, 34 ont pu être corroborées et confirmées, a affirmé la mission onusienne dans un communiqué.
Des fosses communes ont été découvertes près d’Anéfis, dans le nord du Mali, où des violences meurtrières ont eu lieu durant le mois de juillet dernier entre les groupes signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, a indiqué la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali) dans un communiqué rendu public samedi soir.
“Les équipes (de la Minusma, ndlr) ont pu constater sur place l’existence de tombes individuelles et de fosses communes, mais ne sont pas en mesure d’établir à ce stade ni le nombre de personnes enterrées, ni les circonstances de leur décès”, lit-on sur le site de la mission onusienne. “Depuis la reprise des hostilités, début juin, entre la Plateforme et la Coordination des Mouvements de l’Azawad dans la région de Kidal, la Minusma a reçu des allégations d’abus et de violations graves des droits de l’homme, imputées respectivement à ces mouvements signataires”, a expliqué la Minusma, précisant que “sur les 67 allégations, 34 ont pu être corroborées et confirmées, parmi lesquelles figurent notamment des disparitions forcées d’individus, y compris celles de mineurs, des cas d’enlèvements et de mauvais traitements, ainsi que des cas de destructions, d’incendies et de vols”. Mais l’enquête poursuit toujours son cours.
“La Minusma a déployé, conformément à son mandat, des équipes de la Division des droits de l’homme et de la protection, afin d’enquêter et de documenter ces éventuels abus et violations, notamment à Anéfis, où l’existence de charniers a été rapportée”, a détaillé le communiqué en question et dans lequel la Minusma n’a pas manqué de faire part de son inquiétude quant au recrutement d’enfants dans les rangs de la CMA et de la Plateforme. “La Minusma est aussi extrêmement préoccupée de la possible présence de mineurs parmi les rangs des mouvements signataires, ce qui constitue de graves violations des droits de l’enfant en période de conflit armé”, lit-on encore.
Pour rappel, la CMA (ex-rébellion) et le Groupe d’autodéfense des Touareg Imghad et alliés (Gatia, bras armé de la Plateforme) se sont affrontés durant presque deux semaines dans la région de Kidal et ses environs pour le contrôle de ce territoire de l’extrême nord du Mali, où sévissent les groupes terroristes et les trafiquants en tous genres. Les combats ont fait des dizaines de morts et de blessés dans les deux camps, selon plusieurs sources, mais aucun bilan officiel n’est disponible.
Ces nouvelles violences sont intervenues au moment où l’administration malienne s’apprêtait à revenir à Kidal, un retour prévu le 20 juillet dernier et reporté pour des raisons sécuritaires.