Reprise du dialogue entre la France et l’Algérie, mais à quel prix ?

Reprise du dialogue entre la France et l’Algérie, mais à quel prix ?

Les relations entre la France et l’Algérie, plongées dans une crise diplomatique d’une rare intensité ces derniers mois, sont-elles en passe de trouver une sortie ? C’est ce qu’espère Paris, avec un discours mêlant fermeté et volonté de dialogue.

Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a assuré mardi que la France aborderait la résolution de ces tensions « avec exigence et sans aucune faiblesse« . Un message qui survient à peine 24 heures après un entretien entre les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune, qui pourrait marquer le début d’une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays.

Algérie – France : une « volonté de renouer un dialogue fructueux »

Les relations entre la France et l’Algérie ont connu un virage brutal depuis l’été 2024. Le soutien d’Emmanuel Macron à un plan d’autonomie pour le Sahara occidental, porté par le Maroc, a plongé les deux pays dans une crise diplomatique majeure. Un soutien jugé inacceptable par Alger, qui revendique ce territoire.

À ce choc diplomatique s’est ajoutée l’arrestation de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien, condamné à cinq ans de prison pour des propos menaçant l’intégrité du territoire algérien.

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Mais c’est surtout l’épineuse question de la réadmission en Algérie des ressortissants algériens sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui a exacerbé les tensions.

En outre, dans un discours devant l’Assemblée nationale, Jean-Noël Barrot a exprimé la volonté de Paris de résoudre cette crise sans céder sur ses principes. « Les tensions entre la France et l’Algérie, dont nous ne sommes pas à l’origine, ne sont dans l’intérêt de personne, ni de la France, ni de l’Algérie« , a-t-il insisté.

Une position visant à rétablir la coopération dans des domaines stratégiques tels que la lutte contre le terrorisme, la migration ou la coopération en matière de renseignement.

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot se rend en Algérie ce week-end

Le ministre a souligné que les Français « ont droit à des résultats » dans ces domaines, faisant référence notamment au dossier sensible de Boualem Sansal. Paris attend d’Alger une grâce présidentielle comme issue pour cette affaire. Tout en insistant sur la nécessité de trouver un terrain d’entente sur des sujets comme la coopération migratoire et sécuritaire.

La discussion entre les présidents français et algérien, qui a eu lieu le jour de l’Aïd el-Fitr, a permis d’esquisser les contours d’une nouvelle phase de la coopération bilatérale.

Si les deux chefs d’État ont convenu de relancer la relation diplomatique, cette reprise doit se traduire par des actions concrètes. Jean-Noël Barrot a d’ores et déjà annoncé son prochain déplacement en Algérie ce wee-end.

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L’objectif est donc de mettre en œuvre les principes énoncés lors de cette rencontre et rétablir des échanges plus sereins, dans le respect des attentes des deux parties.

En somme, la route vers une normalisation des relations ne sera cependant pas sans obstacles. Les désaccords persistent sur plusieurs dossiers sensibles, et notamment la question du Sahara occidental et l’affaire Boualem Snsal, qui reste un point de friction majeur entre les deux pays. En outre, la question de la réadmission des Algériens sous OQTF, qui a alimenté le ressentiment des deux côtés, reste délicate à gérer.