L’ancien défenseur de l’OGC Nice, Youcef Atal, comparaissait mercredi en cour d’appel à Aix-en-Provence pour « provocation à la haine à raison de la religion ». L’affaire concerne le partage sur Instagram d’une vidéo controversée d’un prédicateur palestinien le 12 octobre 2023, quelques jours après l’attaque du Hamas contre Israël.
Initialement condamné le 3 janvier 2024 par le tribunal correctionnel de Nice à huit mois de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende, le joueur avait fait appel de cette décision. Le jugement incluait également l’obligation de publier la condamnation dans les journaux Nice Matin et Le Monde.
Lors de l’audience en appel, le ministère public a requis une peine identique à celle prononcée en première instance. La cour d’appel rendra sa décision le 30 avril prochain. Cette affaire a marqué un tournant dans la carrière du joueur, qui a quitté l’OGC Nice où il évoluait depuis 2018.
« Je ne suis qu’un joueur de foot »
Lors de son audience en appel, l’international algérien s’est défendu. « Je ne fais pas de la politique, je ne suis qu’un joueur de foot », a-t-il assuré. Il a confié qu’il n’a jamais eu l’intention de faire incitation à la haine que qu’il avait « juste un message de soutien à des gens en train de souffrir ».
« Ce n’est pas parce que j’envoie un message de soutien à la Palestine que je suis contre les juifs ou quoi que ce soit, a insisté le joueur de 28 ans. L’erreur que j’ai faite, c’est que je n’ai pas regardé la vidéo jusqu’à la fin, sinon je ne l’aurais pas partagée. J’aurais dû faire plus attention », a-t-il ajouté.
« Un faux naïf », selon les avocats de la partie civile
Un mois après sa condamnation, l’ancien défenseur de l’OGC Nice, Youcef Atal, a quitté le club pour rejoindre Adana Demirspor en Turquie, avant de partir pour Al-Sadd à Doha à l’été 2024.
Dans le cadre de la procédure judiciaire, les avocats des six parties civiles ont présenté Atal comme un « faux naïf ». Ils ont notamment souligné les liens avec le prédicateur palestinien Mahmoud Al Hasanat.
De son côté, Me Tom Michel, l’avocat d’Atal, s’est fermement opposé à ce que son client soit étiqueté comme « le symbole de l’antisémitisme en France« . Il a qualifié les sanctions prononcées en première instance de « surréalistes » et a contesté la possibilité d’une condamnation, arguant l’absence d’éléments prouvant une intention délibérée de la part de son client.
Cette affaire met en lumière les tensions juridiques et sociétales autour des questions de discrimination et de responsabilité sur les réseaux sociaux, dans un contexte où le sport professionnel est de plus en plus confronté à ces problématiques.